Vous réussissez.
Objectivement, les faits sont là.
Et pourtant, une petite voix insiste :
« Tu as eu de la chance. »
« Un jour, ils vont se rendre compte. »
« Tu n’es pas vraiment légitime. »
Ce décalage entre la réalité extérieure et le ressenti intérieur correspond à ce que l’on appelle le syndrome de l’imposteur.
Il ne s’agit pas d’un manque de compétences. Au contraire, il touche souvent des personnes investies, consciencieuses, exigeantes envers elles-mêmes.
Un conflit intérieur discret
Le mécanisme est simple : chaque réussite est minimisée ou attribuée à des facteurs extérieurs (chance, circonstances, aide d’autrui). En revanche, la moindre erreur devient une preuve supposée d’incompétence.
Ce fonctionnement entretient une tension constante.
On travaille davantage pour « mériter » sa place.
On redoute l’évaluation.
On craint d’être exposé.
À long terme, cela fragilise l’estime de soi et alimente l’anxiété.
D’où vient ce sentiment d’illégitimité ?
Souvent, il prend racine tôt.
Une éducation centrée sur la performance.
Des attentes élevées.
Un amour ressenti comme conditionnel à la réussite.
L’enfant apprend alors que sa valeur dépend de ses résultats. Devenu adulte, il peut continuer à chercher la validation extérieure sans jamais l’intégrer réellement.
Dans certains contextes professionnels ou sociaux compétitifs, ce sentiment peut s’intensifier. Les comparaisons permanentes renforcent l’impression de ne jamais être « assez ».
Sortir de la logique de preuve
Le véritable enjeu n’est pas d’accumuler encore plus de succès.
C’est de comprendre ce qui, en soi, refuse de reconnaître sa propre valeur.
Cela passe par :
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Identifier ses pensées automatiques et leur origine.
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Réexaminer la manière dont on définit la légitimité.
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Explorer le lien entre estime de soi et performance.
Reconnaître ses compétences ne relève pas de l’arrogance. C’est une étape vers un rapport plus apaisé à soi-même.
La question n’est peut-être pas :
« Suis-je vraiment à la hauteur ? »
Mais plutôt :
« Pourquoi ai-je autant de mal à accepter que je le sois ? »
Je suis David Fischler, psychanalyste à Nice. J’accompagne celles et ceux qui souhaitent comprendre leurs mécanismes psychiques, renforcer leur estime de soi et avancer avec davantage de sécurité intérieure.
